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Editorial

L'énoncé d'un faux problème

Ce vendredi midi (car à onze heures, lors de mon précédent appel, toutes les lignes étaient occupées), il m'a fallu plus de cinquante minutes d'attente, avant d'être mis en relation par téléphone avec un interlocuteur de Pôle Emploi. 
Un temps d'écoute imposé d'une musique lancinante et criarde (franchement, ils pourraient nous proposer des mélodies plus apaisantes), que j'aurais souhaité mettre à profit plus utilement et plus agréablement, par exemple en commençant à rédiger mon éditorial hebdomadaire sur une thématique quelconque...
Cela aurait été toujours ça de pris, sur le rythme effréné d'une vie professionnelle, parentale et personnelle, qui n'est pas toujours facile à compartimenter (on ne bénéficie que de l'existence multiple que l'on daigne s'offrir). 
Seulement voilà, comme assez fréquemment dans notre département, notamment depuis ces dernières semaines, le réseau internet était (encore) en panne. Allons bon !
Ni une ni deux, j'appelle alors, en même temps depuis ma ligne fixe, l'assistance technique du fournisseur d'accès dont le refrain "pour un problème technique, rendez-vous dans la rubrique « assistance technique » sur le portail internet de votre espace client", me fit rire jaune puis me fâcher tout rouge. 
Rien de bien étonnant à cela, puisque la dénomination du prestataire est une couleur qui se situe exactement entre ces deux tonalités... 
Trêve de jeux de mots médiocres, c'est à cet instant que le constat s'est imposé : quelque chose ne tourne plus tout à fait rond, ici comme ailleurs, dans ce système de "relation client" où une soudaine "panne" de prélèvement bancaire de la part de l'abonné (surtout si elle se répète à la même cadence que les coupures de réseau) se verrait sûrement sanctionner avec moins d'intransigeance, que les défaillances de l'entreprise censée lui assurer 365 jours par an et 24 heures sur 24, le service pour lequel il paye. Souvent trop cher d'ailleurs... Une nuit d'intense réflexion s'en suivit.
Le lendemain, on m'annonçait qu'il fallut pas moins de quatre heures d'attente dans un box du service des urgences d'un hôpital public jurassien (de 19 heures à un peu plus de 23 heures), pour qu'une collégienne de 11 ans puisse être vue par un médecin, après le malaise vagal qu'elle venait de subir. On croit rêver. Sommes-nous bien en France, en février 2018 ?
Pour autant ne nous méprenons pas. L'idée qui alimente l'écriture de ces quelques lignes n'est aucunement de pointer du doigt une corporation, un service de l'Etat et encore moins le personnel qui y officie. Lequel, dans l'immense majorité des cas, fait du mieux qu'il peut avec les modestes moyens dont il dispose. C'est entendu. 
Mais bien de s'interroger sur la situation ubuesque dans laquelle nous plongeons collectivement, électeurs-contribuables-usagers-consommateurs que nous sommes tous plus ou moins, à des degrés divers.
Car depuis quelques jours, le gouvernement incite à des départs volontaires (et va même jusqu'à s'en vanter !) car, selon lui, les personnels de la fonction publique seraient... "trop nombreux" !
Vu de loin, comme ça, j'ai comme l'impression qu'il y a erreur dans l'énoncé d'un faux problème...


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