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Bientôt plus de produits de proximité en restauration collective ?


  • Avec 5000 repas servis par jour et 24,0% de produits bio introduits dont 95,0% de produits locaux, la cuisine centrale de Lons-le-Saunier fait office de référence en la matière.
  • La réunion initiée entre Sophie Fonquernie et les agriculteurs jurassiens s'est avérée constructive.
Dans le cadre de la politique régionale agricole, Sophie Fonquernie, vice-présidente du conseil régional en charge de l’agriculture, la viticulture et l’agroalimentaire a rencontré les responsables de la chambre d’agriculture du Jura, mardi dernier. Celle-ci ambitionne que d'ici la fin de son mandat, 50 % des aliments utilisés dans les cantines jurassiennes soient issus de productions de proximité. Idéalement à 20 % en bio.


Mardi matin, Gevry. Une cohorte d'agriculteurs se dirige vers la salle des fêtes.
A l'intérieur, une jeune femme y prend la parole. Le ton est correct, assuré, pragmatique.
«Je veux être sur le terrain. Je suis ici pour parler avec les gens et comprendre mieux les choses », explique l'oratrice.
Cette femme n'est pas n'importe qui, il s'agit de Sophie Fonquernie, vice-présidente du conseil régional en charge de l’agriculture, la viticulture et l’agroalimentaire.
Pour elle, cette réunion revêt une importance toute particulière, d'où sa volonté de se déplacer fréquemment dans les autres départements de la grande région Bourgogne Franche-Comté.
« Je connaissais moins bien les autres départements c’est pourquoi j’ai pas mal bourlingué en Bourgogne Franche-Comté. Il y a des productions similaires dans toute la région et d’autres très différentes. Certaines productions se renforcent et inversement » indique l'élue. Laquelle ne souhaite néanmoins aucunement délaisser le Jura ni la Haute-Saône. Deux départements qu’elle connaît bien mieux de par sa proximité, elle qui exerce dans le Doubs.

Pour mieux comprendre les enjeux

Consciente qu’elle ne connaît les problématiques parfois qu'en façade, Sophie Fonquernie a souhaité rencontrer divers interlocuteurs de la chambre d’agriculture du Jura qui ont partagé avec elle les problèmes qu’ils rencontrent dans leur quotidien. Faible rentabilité, manque de considération, vie personnelle souvent étriquée...
« Je suis venue pour écouter car je m’aperçois qu’en réunion on parle mais il faut aller voir les problématiques spécifiques en vis-à- vis », observe la vice-présidente, qui a travaillé d’arrache-pied sur le plan régional agricole.
Elle, qui est également agricultrice dans le Doubs dans une petite ferme laitière basée à Solemont, a souhaité rappeler qu’avec la loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe), la région peut désormais opérer davantage d'initiatives.
« Cela nous tient à coeur de proposer des mesures, nouvelles et efficaces », déclarait-t-elle à l’assemblée.
Concrètement, l’agricultrice a l’ambition d’ici la fin de son mandat, que 50 % des produits alimentaires utilisés dans les cantines jurassiennes soient des aliments de proximité et idéalement à 20 % en bio.

Quelles éventuelles solutions ?

« La logistique c’est la base de tout », lâche l'un des agriculteurs présents.
Un autre rappelle qu’il faut faire attention au coût de revient qui parfois n’est pas assez élevé pour vivre.
Pour pallier ces soucis de logistique, certains agriculteurs prônent la création d'un magasin, plus pratique d’accès. L’idéal pour eux serait de créer un groupement de producteurs qui savent travailler de manière sérieuse avec un gros débit. Mais sous quelle entité ?
Attentive,  Sophie Fonquernie a avoué que ce projet lui paraît réalisable et qu’il y a un réel enjeu. Si rien n’est encore acté, la vice-présidente semble vouloir aider au mieux les agriculteurs jurassiens à sortir de l'ornière dans laquelle certains semblent s'être embourbés depuis trop longtemps...
Affaire à suivre.

L'exemple lédonien...

Avec 5000 repas servis par jour dont 3200 pour les enfants (soit 1 250 000 par an), et 24,0% de produits bio introduits dont 95,0% de produits locaux (issus de la région et des départements limitrophes) la cuisine centrale de Lons-le-Saunier fait office de référence en la matière. En effet, l’introduction de produits bio n'a pas généré le moindre surcoût.
Sur leur site internet, Didier Thévenet et ses équipes livrent trois conseils primordiaux à ceux qui souhaitent introduire le bio en restauration collective.
D'abord, la volonté politique est primordiale.
Ensuite, pour que la démarche aboutisse, il faut que parviennent à se retrouver avec cohérence trois types d’acteurs majeurs : les élus (des collectivités, du conseil d’administration des collèges ou lycées,…), les techniciens et les agriculteurs.
Enfin, il y a aussi nécessité que ces trois types d’acteurs se rencontrent, débattent, échangent et qu’un lien humain se crée.
Finalement, comme bien souvent dans la vie et pour presque tous les domaines...



 


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